Une installation photovoltaïque ne se juge plus seulement au nombre de panneaux installés, mais à la valeur de chaque kilowatt-heure produit. En 2026, le tarif de revente du surplus est devenu très faible pour les nouveaux projets, ce qui rend l’autoconsommation bien plus importante que la vente au réseau. Je détaille ici les montants applicables, les différences entre surplus et vente totale, ainsi que la méthode pour estimer réellement la rentabilité de votre installation.
Le surplus solaire rapporte peu, mais chaque kWh consommé sur place vaut beaucoup plus
- 1,1 centime d’euro par kWh constitue le tarif de rachat du surplus pour les nouveaux dossiers éligibles déposés depuis le 5 juin 2026.
- Un kWh autoconsommé évite l’achat d’électricité au fournisseur et peut représenter environ 0,20 à 0,25 € économisés, selon le contrat et les taxes.
- Les anciennes demandes de raccordement conservent leur tarif contractuel, qui peut être nettement plus avantageux.
- La date de dépôt de la demande complète de raccordement compte davantage que la date de signature du devis ou de pose des panneaux.
- En 2026, il faut dimensionner les panneaux autour des usages du bâtiment, et non autour de la seule surface disponible.

Quel est le prix de revente du kWh solaire en 2026
Pour un nouveau dossier relevant du dispositif d’obligation d’achat en métropole continentale, le tarif de rachat du surplus est fixé à 1,1 centime d’euro par kWh hors taxes, soit 11 € par MWh. Ce montant concerne les installations éligibles au nouveau régime, notamment les projets résidentiels et de petite puissance déposés depuis le 5 juin 2026.
Cette baisse change complètement le raisonnement économique. Revendre 1 000 kWh inutilisés ne procure plus qu’environ 11 € de recettes brutes. La revente reste possible, mais elle ne doit plus être le moteur principal d’un projet solaire domestique.
| Situation | Valorisation indicative du kWh | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| Surplus d’un nouveau dossier depuis le 5 juin 2026 | 0,011 € HT/kWh | Tarif très faible, indexé selon les conditions du contrat |
| Surplus d’un dossier déposé avant cette date | Selon le barème et le contrat signés | Le tarif historique peut atteindre environ 0,04 €/kWh pour certaines demandes récentes |
| Électricité autoconsommée | Prix évité chez le fournisseur | Valeur généralement bien supérieure au tarif de revente |
La CRE continue de publier les évolutions du cadre photovoltaïque, tandis que Légifrance fixe les dispositions réglementaires applicables. Je conseille donc de vérifier le régime correspondant à la date exacte de votre demande complète de raccordement, car deux installations posées le même mois peuvent relever de conditions différentes.
La vente totale est-elle encore intéressante
Pour les nouveaux petits projets, le dispositif actuel privilégie l’autoconsommation avec vente du surplus. La vente de la totalité de la production n’est plus la référence économique du nouveau régime S21 pour les installations concernées. Les projets plus puissants ou hors guichet ouvert peuvent relever d’un appel d’offres, d’un contrat de gré à gré ou d’un autre mécanisme.
Il faut donc se méfier des simulateurs qui annoncent encore un revenu important en multipliant toute la production annuelle par un ancien tarif de rachat. Cette méthode donne une estimation artificiellement optimiste, surtout si elle ignore la date du dossier et les nouvelles règles de soutien.
Autoconsommer ou vendre le surplus, le choix qui change tout
Le principe est simple. L’électricité produite est d’abord utilisée par les appareils du logement ou du bâtiment. Seule la production instantanée qui dépasse la consommation est injectée sur le réseau et peut être vendue dans le cadre du contrat prévu.
Un kWh autoconsommé évite d’acheter un kWh au fournisseur. Sa valeur dépend donc du prix de votre électricité, mais elle est souvent de 0,20 à 0,25 € par kWh dans un exemple résidentiel courant. À l’inverse, un kWh injecté dans le cadre du nouveau tarif rapporte seulement 0,011 € HT. L’écart est considérable.
| Usage d’un kWh solaire | Valeur indicative | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Consommé immédiatement sur place | Environ 0,20 à 0,25 € économisés | Très intéressant pour le chauffe-eau, la pompe à chaleur ou la recharge d’un véhicule |
| Stocké dans une batterie | Valeur du kWh évité, diminuée des pertes et du coût de la batterie | À étudier au cas par cas, sans supposer que la batterie est automatiquement rentable |
| Vendu au réseau | 0,011 € HT pour les nouveaux dossiers concernés | Revenu complémentaire, mais faible |
Dans mes estimations, le meilleur levier est rarement de vendre davantage. Il consiste plutôt à déplacer les consommations vers les heures ensoleillées. Programmer le ballon d’eau chaude à midi, lancer le lave-linge dans la journée ou recharger une voiture électrique pendant la production peut augmenter fortement la part consommée sur place, sans ajouter un seul panneau.
Quel taux d’autoconsommation viser
Le taux d’autoconsommation correspond à la part de la production solaire consommée directement ou après stockage. Une maison occupée en journée peut atteindre 40 à 60 % avec des usages bien pilotés, tandis qu’un logement vide du matin au soir peut rester nettement plus bas.
Le taux dépend du profil de consommation, de la puissance installée, de l’orientation du toit, de la présence d’un ballon électrique et des équipements pilotables. Une installation plus grande n’est donc pas toujours plus rentable. Au-delà d’un certain seuil, elle produit surtout un surplus faiblement rémunéré.
Comment calculer vos revenus solaires sans surestimer la rentabilité
Pour obtenir une estimation crédible, je sépare toujours trois éléments. Il faut d’abord calculer la production annuelle, puis la part consommée sur place, et enfin le volume réellement injecté. Le revenu de revente se calcule ainsi:
Revenu de revente = surplus injecté en kWh × tarif d’achat du surplus
Exemple avec une installation de 3 kWc
Imaginons une installation produisant 3 300 kWh par an. Si le foyer consomme directement 40 % de cette production, il utilise 1 320 kWh sur place et injecte les 1 980 kWh restants.
- Surplus vendu: 1 980 kWh
- Tarif de rachat: 0,011 € HT/kWh
- Revenu brut de vente: 21,78 € par an
Dans cet exemple, le revenu de revente est presque secondaire. Si les 1 320 kWh autoconsommés évitent un achat à 0,22 € par kWh, l’économie atteint environ 290 € par an. La valeur totale de la production dépasse donc largement la seule recette versée par l’acheteur.
Exemple avec une installation de 6 kWc
Une installation de 6 kWc peut produire autour de 6 600 kWh par an dans une zone correctement exposée, mais la production réelle varie selon la région, l’inclinaison et les ombrages. Avec seulement 30 % d’autoconsommation, 4 620 kWh seraient injectés, pour un revenu brut d’environ 50,82 € au tarif de 1,1 centime.
Cet exemple montre pourquoi le surdimensionnement est risqué. Ajouter des panneaux pour vendre l’excédent à 0,011 € par kWh apporte peu de recettes, alors que le coût de l’installation, de l’onduleur, du raccordement et de la maintenance augmente bien, lui, en euros sonnants et trébuchants.
Le contrat et les démarches qui déterminent le tarif
Le montant ne dépend pas uniquement de la puissance des panneaux. Le raccordement, le type de vente, l’éligibilité technique et la date administrative du dossier jouent aussi un rôle. Une erreur à ce stade peut conduire à appliquer un ancien barème à une nouvelle demande, ou à attendre un contrat de vente qui ne correspond pas au projet réel.
- Définir le mode de fonctionnement entre autoconsommation avec vente du surplus et autre montage contractuel.
- Déposer la demande de raccordement auprès du gestionnaire de réseau avec les informations complètes de l’installation.
- Conserver la date de dépôt et les pièces transmises, car elles peuvent servir à déterminer le barème applicable.
- Faire réaliser les contrôles nécessaires, notamment l’attestation de conformité lorsque le projet l’exige.
- Signer le contrat d’achat et relever régulièrement le compteur de production et le compteur d’injection.
Le tarif prévu par le contrat est généralement garanti sur une longue durée, souvent 20 ans dans le cadre de l’obligation d’achat, avec des modalités d’indexation précises. Cette garantie ne signifie pas que tous les frais disparaissent. Le producteur doit encore intégrer l’entretien, l’assurance, les éventuels frais de raccordement et les coûts de remplacement de l’onduleur.
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La fiscalité ne se résume pas au montant du virement
Les recettes issues de la vente d’électricité peuvent être traitées différemment selon la puissance de l’installation, le statut du producteur et la configuration du raccordement. Les installations de très petite puissance peuvent bénéficier d’une exonération sous certaines conditions, mais il ne faut pas généraliser cette règle à tous les projets.
Pour une installation dépassant les seuils habituels des particuliers, les revenus peuvent devoir être déclarés au titre d’une activité commerciale. Je recommande de vérifier ce point avant la signature, surtout lorsque le projet dépasse 3 kWc ou concerne une société, un local professionnel ou plusieurs compteurs.
Les erreurs qui faussent le calcul du prix de revente
La première erreur consiste à confondre la production totale avec l’électricité vendue. Un panneau produit pendant la journée, mais le foyer ne consomme pas forcément à ce moment-là. Sans mesure séparée de la consommation et de l’injection, le chiffre annoncé par un installateur reste une hypothèse, pas un revenu garanti.
La deuxième erreur est de reprendre un tarif trouvé sur une ancienne brochure. Les montants de 0,10 €, 0,12 € ou 0,13 € par kWh appartiennent à des périodes et à des contrats différents. En 2026, la référence de 1,1 centime d’euro par kWh s’applique aux nouveaux dossiers concernés par le régime en vigueur, pas automatiquement aux contrats plus anciens.
- Surdimensionner la toiture en pensant que chaque panneau supplémentaire sera facilement rentabilisé.
- Calculer uniquement les revenus de revente sans valoriser les économies d’autoconsommation.
- Acheter une batterie par réflexe, alors que son coût et ses pertes peuvent dépasser le gain obtenu.
- Oublier les ombrages d’un arbre, d’une cheminée ou d’un bâtiment voisin.
- Confondre puissance kWc et énergie kWh. La première décrit la taille de l’installation, la seconde mesure la production ou la consommation.
- Signer un devis avant de vérifier le régime administratif applicable à la demande de raccordement.
La batterie peut avoir du sens pour augmenter l’autonomie, lisser une consommation du soir ou éviter une injection très peu rémunérée. Mais son intérêt dépend du prix d’achat, du nombre de cycles, de la durée de vie et de la quantité d’énergie réellement déplacée. Dans une maison qui consomme déjà beaucoup en journée, améliorer le pilotage est souvent plus simple et plus rentable.
Le bon réflexe avant de signer pour des panneaux solaires
En 2026, je considère la revente comme un complément et non comme la promesse centrale d’un projet photovoltaïque. La bonne question n’est plus seulement « combien vais-je vendre de kWh ? », mais plutôt « quelle part de ma production vais-je pouvoir utiliser au moment où mes besoins sont les plus élevés ? ».
Demandez une simulation séparant clairement production, autoconsommation, surplus injecté, économies et frais. Si le résultat reste intéressant même avec un tarif de revente de 1,1 centime d’euro par kWh, le projet repose sur des bases solides. Dans le cas contraire, réduisez la puissance, améliorez le pilotage des usages ou comparez le coût d’une installation plus modeste avant de vous engager.
